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Si on chantait

L'exposition

SI ON CHANTAIT ! LA LA LA LA…

PREMIER COUPLET
SI ON CHANTAIT ! LA LA LA LA…

Le Musée dauphinois inscrit périodiquement le patrimoine immatériel au programme de ses expositions temporaires : Inventer le monde, L’enfant et les croquemitaines, Les êtres fantastiques, … C’est au tour de la chanson populaire, autre dimension de ce patrimoine, d’être le centre d’une exposition. Si on chantait ! La La La La… propose une sélection de près de soixante-dix chansons francophones. Troubadours, rockers, rappeurs et autres crooners composent la bande originale de notre histoire intime et collective.

LES CHANSONS D’ABORD

DEUXIÈME COUPLET
LES CHANSONS D’ABORD
Nommer, classer, penser les chansons

La chanson n’a pas échappé à la rigueur scientifique des premiers musicologues… Pour mieux l’étudier, ils l’ont nommée et classée en genres ! La profusion témoigne de l’étendue des usages et des fonctions accordés à la chanson.
Au début du 19e siècle, les ethnomusicologues articulent les répertoires de leurs collectes autour des fonctions (chanter l’amour, la nation, la révolte, le plaisir de vivre…), des temps de la pratique (chansons de mariage, de fêtes, de labours…), de la catégorie sociale (chansons de bergers, de marins, de soldats…) ou bien encore des catégories interprètes (chansons de carabins, …).
Dans les grandes villes, les music-halls succèdent aux cafés-concerts, les caf’conc’. L’édition de partitions volantes connaît un succès considérable. Dès les années 1930 la musique enregistrée sur disque et écoutée à la radio connaît elle aussi un fort engouement. De nouveaux genres apparaissent, liés à la popularité de la chanson (chanson à succès, tubes, hit…) et selon la « valeur littéraire » (les chansons à texte, les chansons Rive gauche, opposées aux variétés).
Passés de mode ou ne répondant plus aux usages du moment, des genres disparaissent. D’autres traversent les époques. D’autres encore renaissent de leurs cendres grâce à l’interprétation de passeurs (le mouvement revival des années 1970, porté par des groupes comme Malicorne, Tri Yann,…).

ACCORDS & DÉSACCORDS

TROISIÈME COUPLET
COUPLET ACCORDS & DÉSACCORDS
La chanson comme oeuvre artistique, pratique populaire, miroir de l’intime

La chanson est-elle un art à part entière, à l’instar d’une pièce de théâtre, d’un long métrage ou d’un roman ?
Aurait-elle vendu son âme aux intérêts marchands ?
Peut-on encore affirmer que la chanson est populaire ? Et d’ailleurs, quel sens donner à ce label : une chanson interprétée par tous ou une chanson qui rencontre une large audience ?
N’est-ce pas l’auditeur qui fait la chanson en l’interprétant au-delà de l’intention de l’auteur ?
Enfin, où rechercher la puissance fédératrice de la chanson ? Est-ce dans ses dimensions formelles (et indissociables !) : une voix, un texte, une mélodie ?
Chanteurs, homme de théâtre, écrivains, humoriste réunis en accords et en désaccords autour de la table de ce studio de radio, débattent de la chanson.

LE TEMPS DES BERCEUSES

QUATRIÈME COUPLET
LE TEMPS DES BERCEUSES
Installation sonore

Nelly Frénoux (La voix du Hérisson), Bertille Puissat (Compagnie du Duende), Vincent et Ruben Staub, Annick Magnin, Nassima Boughens, artistes et parents, partagent des émotions.
Réalisation de Péroline Barbet, ethnologue-documentariste, Grenoble, 2016.
Qui s’intéresse aux répertoires de tradition orale sait bien que la berceuse en est la porte d’entrée royale. Chanson de l’instant feutré avant le sommeil, où voix et corps agissent ensemble pour aider à franchir le seuil du jour vers la nuit. La première chanson, celle de l’adulte à l’enfant, est un acte de présence et de tendresse, c’est une chanson-relation.
La berceuse parle de notre attachement primitif à la chanson, nous dit Louis-Jean Calvet, linguiste, qui a montré comment les berceuses sont la matrice des chansons. Les effets de répétition et de cycle, le rythme et la pulsation, le jeu des onomatopées greffées sur le mouvement du corps, autant d’éléments qui témoignent de ce qui reste d’enfance dans la forme chanson.

VIENS À LA MAISON….Y’A DES AIRS QUI CHANTENT !

VIENS À LA MAISON….
Y’A DES AIRS QUI CHANTENT !

La chanson nous suit partout. À la maison elle accompagne notre quotidien et n’est-ce pas là, chez soi, que l’on écoute et réécoute nos airs préférés ?
Vestibule, cuisine, séjour, chambres à coucher, salle-de-bains, garage, sont autant d’espaces traversés par les thèmes récurrents de la chanson populaire : le souvenir, le quotidien, le travail, la révolte, l’exil, la vie et bien sûr et avant tout l’amour ! Dans la maison recréée dans l’exposition, le public découvre une soixantaine de chansons au fil de sa déambulation.

NÉ QUELQUE PART

CINQUIÈME COUPLET
NÉ QUELQUE PART
Le vestibule — Chanter l’autre

Vivre heureux auprès de son arbre, partir un jour sans retour, ouvrir la porte aux oiseaux migrateurs, la chanson décrit et décrypte notre relation à l’autre, à l’étranger. La chanson traditionnelle foisonne d’histoires racontant l’obligation de quitter sa région pour gagner sa vie, comme le marin partant pour un voyage au long cours, le paysan offrant sa force au-delà des frontières, le colporteur reliant le monde en transportant des biens et des nouvelles. Les récits de soldats quittant leur dulcinée pour défendre la patrie, sont aussi légion.
La chanson actuelle perpétue ces récits de vie et s’engage à défendre les droits fondamentaux. Mais elle constate souvent : « Elle croyait qu´on était égaux Lily/ Au pays de Voltaire et d´Hugo Lily/ Mais pour Debussy en revanche/ Il faut deux noires pour une blanche/ Ça fait un sacré distinguo. » (Pierre Perret).

Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?

SIXIÈME COUPLET
Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?
Le séjour – Chanter la vie

Chanter pour produire des vibrations, les laisser traverser son corps au rythme des pulsations, entendre sa propre voix portée par le souffle mélodique… Chanter pour cueillir le jour présent sans se soucier du lendemain… Chanter pour se sentir vivant. Est-ce en réponse à cette injonction épicurienne que nous chantons lors des voyages, des repas de mariage et des anniversaires ? Les chansons à boire célèbrent l’ivresse collective. Du rigodon dauphinois aux tubes des yéyé, en passant par la Macarena, les chansons à danser invitent le corps à la fête pour une ode à la vie.

COMME D’HABITUDE

SEPTIÈME COUPLET
COMME D’HABITUDE
La cuisine – Chanter le quotidien

De couplets en refrains, la chanson raconte aussi le banal, la routine, l’ennui. Elle donne l’espoir d’échapper à son sort en nous faisant héros d’une révolte dont on n’a pas l’étoffe. Alors, pour une heure, une heure seulement, être beau et libre à la fois !
Mais, alors que les petits bonheurs nous sont indispensables, la chanson est bien ingrate à ne pas trop leur rendre grâce. Justice leur est rendue par Anne Sylvestre : « Dans les gestes du matin/Les gestes qu’on connaît bien/C’est rien/C’est le bonheur quotidien. »

J’AI LA MÉMOIRE QUI CHANTE

NEUVIÈME COUPLET
J’AI LA MÉMOIRE QUI CHANTE
La salle de bain – Chanter l’intimité

La chanson scande chaque époque de notre histoire personnelle, le passage à l’adolescence, nos vingt ans, nos premiers amours, les mariages, les départs,… Elle permet la complicité avec ceux qui l’ont partagée. Un petit rien et la chanson réveille les souvenirs ! Parfois sa charge émotionnelle dépasse l’intelligible. « Mon enfance » de Barbara exhume un épisode douloureux de sa vie. La chanson populaire ne triche pas, elle est l’histoire de tous, sensible pour chacun.

LES HISTOIRES D’A

DIXIÈME COUPLET
LES HISTOIRES D’A
La chambre des parents – Chanter l’amour

Comme Tristan et Iseult ou Bidouille et Violette, la chanson et l’amour vivent une idylle ! Plus qu’hier et moins que demain, la chanson se donne corps et âme pour exprimer les fortunes et les infortunes de l’amour. Elle le chante platonique, fleur bleue, coquin, fougueux ou bien… éteint ! Elle donne mille recettes pour déclarer sa flamme ; elle apprend à aimer à la vie à la mort ; elle met en garde contre les amours volages ; elle condamne les mariages forcés ; elle interdit les relations entre gens de sangs différents. Elle plaint les délaissées ; elle compatit ou se rit des adultères ; elle pleure les amours mortes…
La chanson est elle-même un présent d’amour. Comme les fleurs c’est périssable – et les bonbons, c’est pas si bon – pour mieux témoigner de son amour elle s’offre en chanson-dédicace à l’être aimé, à la radio, sur les écrans de télévision : « De Valérie à Nicolas, Pense à moi comme je t’aime ».
La chanson d’amour agit aussi comme objet d’affection. Tel un cadenas, elle s’attache à notre première rencontre pour que l’on se souvienne tant des jours heureux.

CHANTONS SOUS LA DOUCHE

ONZIÈME COUPLET
CHANTONS SOUS LA DOUCHE

La douche – Chanter des tubes… de toilette !
Huit grands succès des années 1950 à nos jours à fredonner sous la douche !

MERCI PATRON !

DOUZIÈME COUPLET
MERCI PATRON !
L’atelier – Chanter le travail et l’argent

La chanson a le coeur à l’ouvrage et met à l’unisson les corporations. Elle rythme la cadence du travail pour donner de l’entrain. Elle scande les revendications sociales et syndicales quand sonne l’heure de la lutte. Elle décrit la dignité perdue quand le travail vient à manquer. Elle pose la question « Gagner sa vie, est-ce la perdre ? ». Exaspérée, elle rejette avec véhémence le travail. Hédoniste, elle invite à la farniente.

DOUCE FRANCE

TREIZIÈME COUPLET
DOUCE FRANCE
Le garage – Chanter son quartier, sa région, son pays.

À toutes les époques, la chanson a dépeint les quartiers, les bourgs et les hameaux, la montagne et les bords de mer... Elle s’applique à composer une image idéale de tous ces lieux où, mieux que partout ailleurs, il ferait bon vivre. En ces terres, l’enfance est douce, l’air est pur, les paysages sont des féeries de la nature et surtout, les filles sont l’incarnation de la beauté. La chanson exalte l’appartenance au pays en composant son récit de façon naïve ou lyrique.
Rares sont les chansons qui dénoncent les excès identitaires en reconnaissant que le point faible du patrimoine, c’est aussi les gens. Nul ne saurait mieux le dire que Brassens : « Maudits soient ces enfants de leur mère patrie / Empalés une fois pour toutes sur leur clocher / Qui vous montrent leurs tours, leurs musées, leur mairie / Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher ».

JE ME VOYAIS DÉJÀ EN HAUT DE L’AFFICHE

DANS LA RUE
QUATORZIÈME COUPLET
JE ME VOYAIS DÉJÀ EN HAUT DE L’AFFICHE
Des chanteurs sur scène et sur disques en Isère

Lucienne Delyle, Aimé Barrelli, Line Renaud, Johnny Hallyday, Renaud, Léo Ferré, Georges Guetary, Felix Marten, Dick Rivers et bien d’autres vedettes ont tenu le haut de l’affiche sur les scènes iséroises. Les journaux s’empressent d’annoncer les belles heures et les heures sombres des vedettes d’un jour ou de toujours. Les fans dictent leurs lois et les idoles se soumettent aux règles de la mode.
La chanson pratiquée en amateur s’invite dans les bals dansants, les corsos fleuris, les fêtes commémora-tives, les orchestres, les concerts… et en tous lieux : dans la rue, les cafés et brasseries, les stations de ski, foyers et salles des fêtes. Les chanteurs participent aux radio-crochets, aux concours de chansons, aux émissions de télévision de passage dans les Alpes. D’autres obtiennent une programmation régulière dans les salles comme le Café Anglais, le Café de la Table Ronde, …
Après la Seconde Guerre mondiale, avec l’arrivée du rock, de la musique amplifiée, de la télévision, la jeunesse a soif de musique, de danse et de chansons. De nombreux groupes de variétés et de rock n’ roll voient le jour en Isère. Dès les années 1980, avec l’apparition du compact disque, la production d’albums explose. Les studios domestiques accessibles grâce à la MAO (musique assistée par ordinateur) et la diffusion sur internet permettent un nouveau mode de création.
Près de 250 pochettes de disques de la scène locale
sont présentés dans cet espace !

ON NE CHANTE PLUS ? ON CHANTE !

TROIS DOCUMENTAIRES RÉALISÉS PAR PÉROLINE BARBET
QUINZIÈME COUPLET
ON NE CHANTE PLUS ?
ON CHANTE !

Une étude récente dénombre 37 millions de choristes pratiquant en Europe le chant collectif dans plus d’un million d’ensembles vocaux. En France, la population chantante est actuellement estimée à 2 628 000 personnes, soit 4 % de la population totale. En Isère, avec la présence de plus de 227 ensembles, l’ampleur de la pratique collective du chant choral n’est pas à démontrer. 80 écoles de musiques et établissements artistiques, répartis sur l’ensemble du département, offrent une formation pour pratiquer la voix comme instrument.
Les professionnels de la chanson animent des rencontres comme Les Allées chantent, le festival Jacques Brel en Chartreuse, Les Rencontres Barbara à Saint-Marcellin, le Cabaret frappé, Jazz à Vienne, … les programmes des salles de spectacle, la conduite de projets pédagogiques en milieu scolaire animés par les musiciens intervenants, les dispositifs comme La Cuvée grenobloise, À travers chants, etc.
Péroline Barbet, ethnologue-documentariste, est allée à la rencontre de quelques-uns de ces chanteurs amateurs, choristes ou professionnels en Isère.

IN SITU : HABITANTS CHANTEURS DE LA VILLENEUVE

IN SITU : HABITANTS-CHANTEURS DE LA VILLENEUVE
Des habitants-chanteurs du quartier de la Villeneuve à Grenoble témoignent de leur usage de la chanson en répondant aux questions : Qu’aimez-vous chanter ? Quelles chansons connaissez-vous par coeur ? À quels moments privilégiés chantez-vous ? En quoi ces chansons vous ressemblent-elles?
Ils ont participé au projet In Situ Villeneuve initié par le collectif de musiciens Mustradem, qui a mobilisé habitants et musiciens professionnels pendant deux ans. Des personnalités musicales et des voix singulières se sont révélées, qui ont conduit à la réalisation d’un double CD distribué par l’association et d’un spectacle In situ In the Air présenté en 2016 au Festival des Détours de Babel.

Extraits à voir dans la rubrique « vidéos »

Site du projet In Situ Villeneuve, imaginé et conduit par le label Mustradem :
http://www.mustradem.com/spectacles/creations-participatives/in-situ-villeneuve

A découvrir également, la série de portraits photographiques réalisés par Lisa Boniface

CHANTER À PLUSIEURS

CHANTER À PLUSIEURS
Le reportage réalisé auprès des Barricades et des Diasporim Zinger, montre deux chorales de l’agglomération grenobloise en quête de sens et d’histoires.
La chorale fait corps autour d’un répertoire. Mais au-delà de l’aspect musical, qui est parfois très secondaire, elle soude une communauté chantante autour d’objectifs communs. Il y a autant de motivations et de raisons de chanter que de chorales.

Extraits à voir dans la rubrique « vidéos »

LA FABRIQUE À CHANSONS


Delfino, Yoanna, Mike D’Inca, auteurs-interprètes de l’agglomération grenobloise nous ouvrent les portes de leur laboratoire à chanson et nous racontent comment des chansons naissent, meurent, ou voyagent vers d'autres mémoires.
Comme le rappelle Louis-Jean Calvet (Chansons : la bande-son de notre histoire. Paris, éditions l'Archipel, 2013), pour exister la chanson doit réunir quatre ingrédients : les mots, la mélodie, le rythme et la voix.

 

Extraits à voir dans la rubrique « vidéos »

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