Accueil du site
ACCUEIL / Ressources & collections / La phonothèque
Votre barre d'outils Diminuer la taille de la police (petite).Augmenter la taille de la police (grande).Augmenter les contrastes en inversant les couleurs.La mise en forme courante correspond à celle par défaut. Pour imprimer le document, utilisez les fonctionnalités de votre navigateur. Envoyer à un ami

Ressources & collections

La phonothèque du Musée dauphinois dans les années 1970
Phonothèque : nf. Du grec phonê : son et thêkhê : dépôt, la phonothèque désigne le lieu où le bâtiment destiné à réunir
et à conserver les documents sonores stockés sur tous types de supports.

La phonothèque

Jean-Pierre Laurent et Charles Joisten chez les Marrou, leurs informateurs lors d’une enquête à Saint-Véran, 1980. Photo : Charles JoistenJean-Pierre Laurent et Charles Joisten chez les Marrou, leurs informateurs lors d’une enquête à Saint-Véran, 1980. Photo : Charles Joisten

Les collections de musées ne se limitent pas à des tableaux et à des représentations en trois dimensions mais constituent un ensemble très diversifié d’objets originaux ou multiples dans lesquelles la part immatérielle de la création est particulièrement sensible : photos, objets éphémères, installations intégrant de la vidéo, des sons inédits …. Les musées sont plus familiers avec les œuvres, les objets en 3D qu’avec les fonds éminemment  immatériels comme l’oralité, les enregistrements musicaux, sonores ou audiovisuels. Les raisons en sont historiques, toutefois l’oralité constitue un fond de plus en plus exploitable. A travers les bases de données, les collections sont accessibles à tous les publics, y compris ceux qui n’ont aucune pratique antérieure des musées.

La phonothèque permet de préserver la tradition orale (également culture orale, patrimoine oral ou encore littérature orale) et de transmettre l'histoire, la loi et la littérature de génération en génération dans les sociétés humaines. La tradition orale est parfois considérée comme faisant partie du folklore d'un peuple. L’intérêt de la source orale repose sur le fait qu’elle est à la base de l’histoire du temps présent, de l’histoire culturelle, de l’histoire des mentalités et des représentations. En histoire culturelle « tout est source » (Pascal Ory), ainsi l’oralité trouve un écho particulier a fortiori dans l’histoire, mais aussi d’autres disciplines voisines et complémentaires qui font l’essence du Musée dauphinois.

Création et contenu de la phonothèque

La création de la phonothèque du Musée dauphinois s’inscrit dans la dynamique apportée par l’installation du musée dans le couvent Sainte-Marie-d’en-Haut en 1968 et la constitution d’une équipe de professionnels.

En 1971, Jean-Pierre Laurent devient directeur du musée. Il utilise déjà le témoignage oral comme une composante de la muséographie en incluant du son dans les expositions.

Charles Joisten (1936-1981) est alors ethnologue et conservateur au Musée dauphinois. Sa vie durant, il va collecter la littérature orale. C’est la complémentarité de leur démarche qui permet la création de la phonothèque en 1971. Pour eux, le phonogramme a autant d’importance dans la constitution des collections du musée que l’objet matériel ou même la photographie.

Au départ, deux sources alimentent régulièrement la phonothèque :

  • Les enquêtes à caractère ethnologique effectuées par le personnel du Musée dauphinois préalablement aux expositions comme Gens de là-haut (1977), Les Colporteurs fleuristes de l’Oisans (1975), Enfants des montagnes (1979) et La main du gantier (1978).
  • Les enquêtes (données ou déposées) effectuées par des chercheurs d’autres institutions ou par des chercheurs indépendants.

La phonothèque rassemble aujourd’hui  environ 2500 phonogrammes dont 2000 bandes magnétiques et 500 cassettes. Les plus anciennes bandes remontent à 1955, il s’agit d’enquêtes effectuées par Charles Joisten avant sa prise de poste au Musée.

Fin 2009, la numérisation de la phonothèque commence, dans le cadre du plan de numérisation de la Direction de la Culture et du Patrimoine du Conseil général de l’Isère. Elle se poursuit et s’achèvera en 2010, permettant d’une part la sauvegarde de ces documents devenus fragiles, d’autre part leur diffusion une fois régularisée la question des droits de consultation et de diffusion.

Les principales thématiques

Les principales thématiques couvertes par la phonothèque sont les suivantes :

  • Les métiers (berger, agriculteur, guide de haute montagne, maquignon, colporteur, mineur, gantier, tuilier, meunier ....)
  • La vie quotidienne d'autrefois (dans un village ou une région donnés : Saint-Véran, la Vallée du Vénéon, pays d'Allevard, Grenoble, ...)
  • Les croyances et fêtes
  • La littérature orale
  • Les chansons populaires, la musique instrumentale
  • Les communautés immigrantes de la région grenobloise (Grecs, Italiens, Arméniens, etc.)
  • Les ambiances sonores (bruit d'ateliers, maréchal-ferrant, fabrication d'huile de noix, bruits de troupeaux, cloches ...)

Elle comprend également des enregistrements :

  • Émissions de radio, comme « Les Lundis de l'Histoire », « La matinée des autres », le « Pays d'ici » (France Culture), « Patrimoine 80 » (FR3 Rhône Alpes)
  • Conférences organisées par le Musée Dauphinois dans ses murs
  • Stages
  • Colloques
  • Montages destinés à être diffusés dans les expositions

Aujourd'hui la phonothèque tend encore à s'enrichir grâce aux divers enregistrements occasionnés par les différentes expositions ou encore les dons.

Exemple d'enregistrement sonore

Les langues de France :
enregistrement comparatif d'un même texte dans les principales langues de France

Durée : 11'03

Numéro d'inventaire M99.29.1

Enregistrement et montage sonore réalisés en 1995 à l'occasion de la préparation de l'exposition La Différence réalisée par le Musée dauphinois.
Différents locuteurs récitent un extrait de « Un homme paisible » (recueil poétique Plume ) d'Henri Michaux, en langue régionale : alsacien, basque, breton, corse, créole, flamand, francoprovençal, langue d'oc, langue d'oïl et catalan.

UN HOMME PAISIBLE
Étendant les mains hors du lit, Plume fut étonné de ne pas rencontrer le mur.
«Tiens, pensa-t-il, les fourmis l'auront mangé... » et il se rendormit.
Peu après, sa femme l'attrapa et le secoua.
« Regarde, dit-elle, fainéant ! Pendant que tu étais occupé à dormir, on nous a volé notre maison. »
En effet, un ciel intact s'étendait de tous côtés. « Bah, la chose est faite », pensa-t-il.

 

 

Partager cette page