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Rome

Un héros légendaire

Parce qu'il est le plus grand ennemi de Rome, qu'il terrorise l’Italie sur son propre sol pendant 16 ans, qu'il a failli prendre Rome et donc peut-être changer la face du monde, Hannibal est devenu un personnage de légende. Un peu oublié au Moyen Âge, le héros est redécouvert à la Renaissance, en même temps que les textes antiques, faisant de sa figure une source d'inspiration pour les écrivains et les artistes. Le passage des Alpes, comme l'utilisation des éléphants, déchaînent les controverses et alimentent sans cesse la construction d'un mythe.

... mais barbare

Malgré l’admiration qu'il inspire, même à ses ennemis, et malgré son éducation grecque, Hannibal ne reste pas moins étranger à la culture romaine. Il a toujours été considéré comme un barbare, et par extension, à l'époque moderne, comme un ennemi des civilisations européennes. Admiré pour ses qualités de chef de guerre et d’homme d'État et méprisé pour sa cruauté et sa fourberie, Hannibal incarne le héros par antithèse, utilisé pour démontrer la supériorité romaine. Cette image d’un barbare non civilisé se répand, notamment à travers les récits littéraires et iconographiques, entre le XVIe et le XVIIIe siècle.

Un stratège militaire

Éminent tacticien, Hannibal modifie les méthodes de combat de son temps et les structures militaires de Carthage. Maître dans l'art de la guerre, il est le premier à comprendre que, pour obtenir une force réellement efficace avec des mercenaires, il est nécessaire d’exploiter les caractéristiques des diverses ethnies qui la compose. Général barbare presque invaincu, loué pour sa force et son courage, Hannibal devient un modèle pour les grands commandants, une figure de comparaison dont s’emparent les monarques européens tels François Ier et Napoléon Bonaparte. Aujourd’hui, la stratégie d’Hannibal, et plus particulièrement la bataille de Cannes, sont toujours étudiées dans les écoles militaires du monde entier.

Le mythe du passage des Alpes

Dans l'Antiquité, la traversée des Alpes par Hannibal est considérée comme un exploit mythologique initié par les dieux, d'autant que les montagnes sont réputées, selon certains auteurs, comme infranchissables. Mais pendant longtemps la recherche de la réalité du passage n’intéresse pas les historiens. À partir de la Renaissance seulement, et pour répondre à la curiosité des princes, on commence à s’intéresser au parcours d’Hannibal, et plus uniquement à l’illustre général. Ainsi, parmi tous les épisodes connus de la vie d’Hannibal, le passage des Alpes devient le plus important, le plus étudié par les historiens et plus représenté par les artistes.

Les éléphants d'Hannibal : histoire et représentations

Au cours du Moyen Âge, les populations européennes n’avaient qu’une vague idée de l’apparence d’un éléphant. Les miniatures médiévales illustrant les textes antiques présentent ainsi des animaux hybrides, à mi-chemin entre l’éléphant et le mouton, l’ours ou le porc. Souvent représenté dans les bestiaires médiévaux, illustrations symboliques des mœurs de la société médiévale, l'éléphant est chargé d’une haute valeur morale. Avec les croisades, il est cependant et grâce aux présents offerts aux différents souverains européens, il est cependant de mieux en mieux connu. Ainsi, suite à son couronnement en 800, Charlemagne reçoit du calife de Bagdad un éléphant blanc, qui, promené dans tout l'Empire, fait sensation. De même, en 1229, Frédéric II rapporte de Terre Sainte en Italie un éléphant tandis que Saint-Louis offre l’animal à Henri III, roi d’Angleterre. En 1513, c’est au tour du nouveau pape Léon X, d’acquérir un éléphant blanc, envoyé par le roi du Portugal.

Et le mythe perdure

« Quand on songe au nombre étonnant de volumes publiés pour rechercher le point des Alpes par lequel Annibal opéra son passage, sans qu’on puisse aujourd’hui savoir si ce fut […] par Lyon, Genève, le Saint-Bernard et la val d’Aoste ; ou, […] par l’Isère, Grenoble, Saint-Bonnet, le mont Genèvre, Fenestrelle et le pas de Suze ; ou, […] par le mont Cenis et Suze ; ou, […] par le Rhône, Vienne, Yenne et le mont du Chat ; ou, […] la Bochetta et la Scrivia […] Remarquons, en passant, que le passage d’Annibal est devenu presque problématique à force d’éclaircissements. […] puisque ces résultats sont connus, à quoi bon noircir tant de papier par tant de suppositions qui sont en quelque sorte les arabesques de l’hypothèse »
(Honoré de Balzac, Sur Catherine de Médicis, Paris, Lettre datant de janvier 1842 adressée au marquis de Pastoret).

« Va insensé, cours à travers les Alpes escarpées, pour finalement amuser des écoliers et devenir un sujet de déclamation »
(90-127 apr. J.-C., Juvénal, Satires, X, 133-167).