Les idées fausses ont la vie dure. L’absence d’histoire de l’homme africain ou la prétendue supériorité des Européens empêchent toujours, par exemple, qu’une relation de compréhension mutuelle et donc d’enrichissement réciproque et de solidarité vraie s’établisse entre l’Afrique et nous. Certes l’époque coloniale est terminée mais l’aveuglement persiste et le fossé continue de se creuser. Or le mode de vie qui est le nôtre ne saurait être applicable au reste du monde car les ressources de la planèten’y suffiraient pas. Comment, pourtant, laisser la misère s’accroître et les menaces s’amplifier ?
La question est très grave. Même si l’objectif des promoteurs d’Afriquisère est aussi de faire réfléchir, ils n’ont bien sûr pas la prétention de trouver des solutions. Ce qui les réunit, surtout, c’est l’idée que dans sa très longue histoire, dans ce que les religions importées n’ont pas totalement anéanti d’une relation particulière à la nature et dans des cultures et des valeurs qui témoignent toujours d’une spécificité d’être au monde, les apports de l’Afrique sont d’une richesse immense. Tentons, se sont-ilsdit, de les évaluer, de les partager largement et de saisir toutes les occasions de le faire en Isère, au cours de la saison 2010-2011. C’est ainsi que l’exposition, le débat, la littérature, le film, la musique, la danse, le théâtre, tous ces médias ont été sollicités pour considérer l’Afrique et les Africains avec une ouverture et un regard neufs, dans la plénitude de ce qu’ils apportent et que nous leur devons. Non au sens d’une dette mais plutôt d’une prise de conscience et d’une reconnaissance de ce que nous avons à gagner des apports culturels des populations de cette partie du monde.
Une opération semblable avait été tentée en 1982, à partir du Musée des Beaux-arts de Grenoble, sous la conduite inspirée de Pierre Gaudibert et le nom de “Festival Afrique noire”. Beaucoup qui l’ont vécue souhaitaient qu’un tel événement se reproduise et parvienne à fédérer toutes les initiatives convergentes.
C’est ainsi qu’un projet fut défini, à partir du Musée dauphinois, dans le cadre d’un comité de pilotage et avec le soutien d’un comité de parrainage dont on trouvera, ici, les compositions. Des acteurs culturels et militants d’associations qui en ont partagé l’esprit en sont devenus les partenaires. C’est grâce
à eux et avec eux que ce programme a été réalisé, autour d’une exposition du Musée dauphinois, “Ce que nous devons à l’Afrique”, dont l’inauguration, le 15 octobre 2010, est le coup d’envoi.
Afriquisère, comité de parrainage
Afriquisère, comité de pilotage
Afriquisère, associations partenaires
Afriquisère, partenaires culturels