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ACCUEIL / Ça s’est passé au musée / Eugénie Golsdtern, une visite théâtralisée par Nicole Vautier
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Eugénie Golsdtern, une visite théâtralisée par Nicole Vautier

Cette rencontre a été programmée dans le cadre de l'exposition " Eugénie Goldstern "

L'exposition

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Eugénie Goldstern,1884 1942

Du 22 novembre 2007
au 30 juin 2008
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Un extrait du spectacle

Ecouter un extrait de la visite théâtralisée

Extrait de la visite théâtralisée

« En 1913, à l’initiative du professaur Van Gennep, je partis pour la Maurienne où je choisis la communauté de Bessans pour y mener mes travaux d’ethnographie. Bessans avec ses 1743 mètres d’altitude est la deuxième communauté sédentaire la plus haute d’Europe. Les hivers sont particulièrement rudes. Le thermomètre descend souvent à 20°C  au dessous de 0°C. je ne soupçonnais pas alors que je me rendais chez les « Esquimaux d’Europe occidentale », ainsi que figuier les voyait en son temps.

Dans le chapitre sur les Esquimaux, on lit en effet, sous la plume de cet auteur :

« Cette manière d’hiberner, courante chez les Esquimaux, n’est pas propre aux seuls habitants du Grand Nord. On les retrouve aussi dans certains coins de Savoie. On ne citera ici qu’un exemple, la vallée de Bessans, que traverse l’Arc. C’est l’hiver… Une couche de neige de dix pieds recouvre la terre ; homme et bêtes habitent tous entassés dans un espace étroit. Il se produit alors exactement  ce qui se passe chez les Esquimaux : l’air confiné qui emplit la hutte  s’appauvrit en oxygène et par là même perd ses principes vivifiants et les habitants des montagnes tombent dans un long sommeil dont ils ne sortent qu’au printemps. »

Portant, lorsque j’arrivai à Bessans à Noël, je trouvai ces « Esquimaux » bel et bien déjà sortis de leur sommeil hivernal. Ce qui s’offrait à moi, c’était un tableau des plus vivants, des plus alertes, actifs, enjoués. Les va-et-vient pour descendre le foin alternaient avec l’animation joyeuse des équipées en luge. Impossible de corroborer l’assertion des « Esquimaux endormis ». Car jusqu’à une heure avancée de la nuit, continuaient de résonner rires et chants de tous les âges réunis ensemble.

Au cours d’un triple séjour de plusieurs mois, en 1913 et 1914, j’ai eu très à cœur de me rapprocher des gens du pays. Il me reste maintenant à espérer que, en ayant ainsi partagé la vie des Bessanais – en particulier dans les mois d’hiver – et participé à tout ce qui concerne la vie de ce peuple des montagnes, j’aurai, dans une certaine mesure, réussi à acquérir une perception et une connaissance plus profondes de la vie et des activités des Bessanais.

L’hiver comme l’hôtel était fermé, je logeais chez M. Cimaz, son propriétaire, qui m’hébergea dans son logis étable enfoui à trois mètres. Le logement était sombre ; les fissures étaient colmatées avec de la mousse et de l’herbe. De grandes poutres de mélèze soutenaient un plafond en lauze. Pas d’électricité, il fallait chercher l’eau au puit. Sous les lits, c’était le domaine des animaux, des chèvres, des vaches, des chevaux. Dans chaque maison, des oiseaux chanteurs égayaient la maison de leurs chants.

J’ai essayé de réunir et d’assembler mes observations dans les pages qui suivent, en m’efforçant ce faisant, de prendre en compte le point de vue comparatiste en établissant des parallèles à partir d’autres pays alpins. Ce qui toutefois ne pouvait être que limité, car la finalité première de ce travail était de fournir une description monographique de la communauté de Bessans. J’ai traité avec une minutie particulière le chapitre sur la construction des maisons et cela parce que ce mode d’habitat de Bessans, ce logis-étable enterré n’a en effet, encore retenu que très peu l’attention dans la littérature spécialisée.
Je n’aurai, par contre, qu’à peine abordé quelques aspects des traditions populaires. La guerre ayant brutalement interrompu ma tentative de collecte et enregistrement des chants populaires sur phonographe, il a fallu laisser de côté le chapitre sur le chant populaire. »

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