Ouvriers de l’usine Grammont à Pont-de-Chéruy, vers 1920 – Copyright Musée de Bourgoin-Jallieu
Dans un contexte de crise économique et de mondialisation, l’exposition engage une réflexion sur la condition ouvrière aujourd’hui. Elle retrace l’histoire de ces hommes riches de leurs savoir-faire, exigeants sur la qualité de leur travail, empreints de valeurs d’entraide, qui ont construit leur culture et forgé un patrimoine commun, dont il convient de conserver la mémoire.
Favorisée par la diversité des ressources naturelles et le développement des voies de communication, l’Isère a connu une activité industrielle intense depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Vizille, Vienne, La Mure, Bourgoin-Jallieu, Voiron puis Grenoble deviennent de véritables «centres industriels» où s’installe une main d’œuvre nombreuse, originaire des campagnes voisines, de la montagne ou de plus loin. Les femmes occupent une place déterminante dans le monde industriel dès la seconde moitié du XIXe siècle. Avec les enfants, elles constituent l’essentiel de la main d’œuvre des usines de tissage de la soie du Bas-Dauphiné. C’est aussi au XIXe siècle, que l’industrie recourt à la main-d’œuvre immigrée très souvent réservée aux travaux subalternes. Le monde ouvrier est aussi celui de la solidarité et du combat. Jusqu’au début du XXe siècle, les ouvriers ne sont protégés par aucune loi sociale. Se mobiliser collectivement devient très vite une nécessité. Ensemble, ils créent un rapport de force et défendent leurs droits en faisant grève ou en occupant l’usine.
Depuis les années 1970 – la fin des Trente Glorieuses – le machinisme réduit les ouvriers à de simples exécutants. Ils sont de surcroît les premières victimes des fermetures d’usines en série. Peu à peu, tout ce qui faisait l’identité ouvrière disparaît jusqu’à l’oubli du sentiment d’appartenir à une classe spécifique.
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ETRE OUVRIER EN ISERE- XVIIIe-XXIe siècle
Du 24 octobre 2008 au 1 janvier 2010 |
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