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LES JARDINS

Tout monastère doit posséder son propre jardin. Au-delà de la prière et du travail manuel, les religieuses cloîtrées ont besoin de récréation. Le jardin est dans la tradition chrétienne, le lieu idéal où chacun peut procéder à la méditation et mettre à profit sa vocation. Lieux de vie spirituelle, les jardins sont aussi un moyen de subvenir aux besoins alimentaires de la communauté.

Ainsi, dès les premières années, les sœurs mentionnent la présence de différents jardins potagers qu’elles cultivent ; le problème de l’eau pour les irriguer sera évoqué sans cesse au cours des siècles. C’est pourquoi, des citernes seront installées à plusieurs reprises. Sont également cités maintes fois et coûtent fort cher les murs qui ferment les jardins : « La Supérieure fit clore de murailles la vigne dont elle avait fait l’acquisition et le petit verger qu’acheta la très honorée Mère Catherine de Sautereau » en 1642 et en 1746 : « Nous avons été obligés d’élever une autre muraille d’une assez grande étendue proche de notre monastère, de concert avec nos voisins qui ont supporté la moitié des frais, pour éviter les différents qui pourraient naître par la proximité que nous avons ensemble… » .

Mais elles parlent aussi de « jardins pour l’agrément des sœurs » qui mènent à plusieurs chapelles, dont la « petite chapelle de Nazareth au jardin de la terrasse » ou « une fort jolie élevée en l’honneur de l’ange gardien au jardin d’en-bas » en 1685. Les dons reçus en aumône servent aussi à aménager les jardins. A la fin du XVIIe, les jardins des terrasses sont embellis de tonnelles tandis que ceux du milieu d’allées en treillage et ceux d’en-bas d’allées de charmilles. Une grande croix de pierre prend place en 1695 au milieu du cloître, dépense financée ici par la vente des fleurs et des herbages. Bien plus tard, en 1752, la Supérieure Catherine-Thérèse de Saint-André fait procéder à d’importantes réparations du monastère et destine à ses sœurs « une terrasse dont la vue charmante découvre au loin toute la campagne que l’on agrandit d’un jardin potager afin d’y établir quatre promenoirs d’égale largeur, dont un formait une espèce de tonne couverte de charmilles. Les diverses allées avaient pour limite un rang de caisses d’orangers… Entre chaque caisse peinte en vert, on mit de grands vases d’orangers chinois, de sorte que ce lieu devint véritablement enchanteur ».
Extrait de « Sainte-Marie d’en Haut à Grenoble. Quatre siècles d’histoire » par Chantal Spillemaecker, pp 27-28, 2010