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L’ANCIEN COUVENT DE SAINTE-MARIE D’EN-HAUT

Détail du décor de l’église de l’ancien Monastère de Sainte-Marie d’en-Haut

Du monastère au musée, quatre siècles d'histoire

Le monastère est construit sur les hauteurs de la colline du Rabot, en bordure de la route qui mène alors de Grenoble à Lyon. Au XVIIe siècle, en effet, l’Isère coule encore au pied d’une abrupte falaise qui ne peut être contournée qu’en la gravissant. En 1621, tandis que les premières sœurs s’installent dans une aile du cloître, l’architecte Alexandre Coulliout n’est pas encore parvenu à achever son ouvrage. La forte déclivité du site a compliqué les travaux et exigé des adaptations du plan-type des monastères de la Visitation Sainte-Marie.

La montée Chalemont débouche alors sur une petite cour, dite « cour première » qui dessert, à droite, l’église, et à gauche, le parloir et les « chambres des tourières ». À l’arrière se trouvent le cloître et les bâtiments qui l’entourent. Cuisine, réfectoire, bûcher et cellier sont regroupés à l’ouest tandis que les cellules, ouvrant sur le cloître ou les jardins, se répartissent dans les étages des ailes nord et est.

LES VISITANDINES

Les sœurs de la Visitation Sainte-Marie prononcent des vœux solennels et vivent cloîtrées. La majorité d’entre elles sont issues de familles de l’aristocratie ou de la grande bourgeoisie qui versent, lors de «la prise d’habit», une dot pour subvenir à leurs besoins. Les seuls contacts qu’elles conservent avec leur famille ont lieu à travers la grille du parloir, sous la surveillance des sœurs tourières.

Au milieu du XVIIIe siècle, le monastère de la Visitation de Sainte-Marie d’en-Haut compte soixante-dix religieuses. Coiffées d’un voile noir, elles revêtent le voile blanc lorsqu’elles travaillent à la cuisine, la lessive ou le jardin. Les sœurs tourières, chargées de recevoir par le tour le courrier ou les marchandises, ne prononcent pas de vœux.


Rythmé par la cloche, leur emploi du temps ne laisse aucune place à l’inactivité :

  • 5h00 – Lever
  • 5h30 – Prière dans le chœur
  • 6h30 – Office de Prime
  • 7h00 – Activités diverses
  • 8h30 – Messe
  • 10h00 – Repas au réfectoire et récréation jusqu'à midi
  • 12h00 – Travaux divers en silence
  • 14h00 – Lecture en cellule
  • 15h00 – Vêpres
  • 16h00 – Assemblée et travaux divers
  • 17h00 – Complies et litanies
  • 18h00 – Repas au réfectoire, récréation
  • 20h30 – Matines et Laudes, examen de conscience
  • 21h30 – Retour en cellule
  • 22h00 – Coucher

LA RÉVOLUTION

À la Révolution, comme tout établissement religieux, Sainte-Marie d’en-Haut devient bien national. Peu après le vote de la dissolution des congrégations, le 18 août 1792, les visitandines doivent abandonner leur couvent. 140 personnes « notoirement suspectes » pour leurs positions antirévolutionnaires parmi lesquels Chérubin Beyle, le père de Stendhal, l’ébéniste Jean-François Hache, des pères chartreux et nombre de prêtres réfractaires, sont alors enfermés dans le monastère devenu prison.

LES SŒURS DU SACRÉ CŒUR
En 1804, Philippine Duchesne, ancienne visitandine, Madeleine-Sophie Barat, fondatrice de l’ordre du Sacré-Cœur et trois autres religieuses, s’installent dans le monastère. Elles consacrent leur temps à l’enseignement des jeunes filles et accueille une soixantaine d’élèves. En 1815, Philippine Duchesne quitte Sainte-Marie d’en-Haut pour fonder de nouvelles maisons du Sacré-Cœur en Amérique du nord. Elle sera canonisée en 1988.

En 1833, tandis que le génie militaire conduit sur la Bastille d’importants travaux de fortifications et multiplie les tirs de mine, les pouvoirs publics ferment le monastère par mesure de sécurité.

LES URSULINES
En 1851, le couvent de Sainte-Marie d’en-Haut abrite à nouveau un ordre enseignant, les ursulines, déjà installées à Grenoble. Après d’importants travaux, l’école religieuse reçoit des jeunes filles de bonne famille. « Nul établissement ne peut offrir plus de garantie aux parents, ni plus d’agrément aux élèves » signale un prospectus de 1869.

À l’instar de Lyon et de Marseille, les Grenoblois désirent leur Vierge protectrice « Notre-Dame d’en-Haut » . Une souscription est alors ouverte en 1890. L’architecte diocésain Alfred Berruyer, auteur de la basilique de La Salette, construit contre la chapelle une tour surmontée d’une statue de la Vierge en fonte dorée. Cet édifice, qui provoque de dangereuses lézardes dans la voûte de l’église et menace de s’effondrer, est démoli en 1935.

L’ARMÉE, LES IMMIGRÉS, LA RÉSISTANCE
En 1904, peu avant la loi de « Séparation des Églises et de l’État », les ursulines sont définitivement expulsées. Le 16 avril 1905, le mobilier du couvent est disséminé dans une vente aux enchères publiques. De 1906 à 1920, l’armée loge jusqu'à 425 hommes de troupe dans l’ancien couvent.

En 1920, la Ville de Grenoble reprend possession de son bien. La crise du logement est alors aiguë, amplifiée par une immigration croissante. 150 familles d’origine italienne, provenant en majorité de Corato dans les Pouilles, s’installent dans ces bâtiments vétustes, qui ne disposent que d’un point d’eau potable à la fontaine de la cour.

Pendant l’Occupation, des résistants profitent du plan complexe du couvent pour y trouver des caches sûres, imprimer des tracts et tenir des réunions. À la fin des années 1950, les familles qui occupent dans le couvent des logements reconnus insalubres, sont relogées par la Ville. Le bâtiment est ensuite investi pour quelques années par les étudiants de l’École d’Architecture de Grenoble.

LE MUSÉE DAUPHINOIS
Au début des années 1960, tandis que le site de la Bastille est pressenti pour accueillir un vaste complexe universitaire, l’Association des Amis de l’Université propose d’aménager dans l’ancien couvent un centre culturel international. De cet ambitieux projet, seuls seront réalisés la cité universitaire du Rabot et les instituts de géologie et de géographie. C’est dans la perspective des jeux Olympiques d’hiver de 1968 que la municipalité Dubedout décide de restaurer le couvent pour y transférer le Musée dauphinois. Placés sous la direction de Pierre Lotte, architecte en chef des monuments historiques, les travaux commencés en janvier 1966 ne s’achèveront qu’en juin 1970.

Le 3 février 1968, alors que s’ouvrent les jeux Olympiques de Grenoble, le Musée dauphinois est inauguré dans ses nouveaux locaux par André Malraux, ministre de la Culture, qui inaugure ce même jour la Maison de la Culture. En 1992, le Musée dauphinois passe sous la tutelle du Conseil général de l’Isère.

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